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lost in translation (pv)

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MessageSujet: lost in translation (pv) Mer 25 Jan - 23:51


Lost in translation


Des souvenirs. Des dizaines. Des centaines. Des milliers. Ils la hantaient. Hantaient ses journées, hantaient ses nuits. Elle se réveillait en sueur, après avoir revécu des dizaines de fois cette scène tragique de l'accident de voiture. Cela faisait bien longtemps que le pays des rêves l'avait quitté. Il avait fait place à un côté beaucoup plus sombre, beaucoup moins accueillant. Celui des cauchemars. C'est atroce de se sentir coupable à un tel point. Ça la bouffait, ça la rongeait de l'intérieur. Elle avait beau tout essayer pour passer à autre chose, l'image de Pâris à l'hôpital ne cessait de lui défiler devant les yeux. Plus elle essayait de ne pas y penser, plus cela l'obsédait. Comme une lente agonie qu'elle serait obligée de subir. Comme une punition. Elle aurait tout donné pour être à la place de son ami. Après tout, l'accident tout entier avait été de sa faute. Sauf peut-être la chaussée glissante, mais ça, ce n'était qu'un détail comparé à ce qu'elle avait fait. Elle avait attrapé le volant. Quelle idiote. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Elle avait beau réfléchir, rien ne semblait pouvoir justifier un tel geste. Ses lèvres tremblotèrent rien qu'à l'idée de pouvoir perdre Pâris. Elle secoua vivement la tête, et reprit ses esprits avant que les larmes ne la submergent.
Son appartement ne ressemblait plus à rien depuis l'accident. Non pas qu'elle ait été très ordonnée avant, pas vraiment. Elle avait toujours été un peu bordélique, se souciant peu d'avoir un habitat rangé à la perfection. Durant son adolescence, elle avait dû longtemps lutter contre sa mère qui ne supportait pas le bazar dans la chambre de sa fille. La petite brune avait pour habitude de dire que c'était du "bordel organisé", et qu'elle s'y retrouvait parfaitement. Mais maintenant, c'était plus le fouillis qu'autre chose. Charly n'avait pas trouvé le courage de faire le ménage, encore moins d'essayer de ranger un peu. Son appartement faisait négligé, tout comme elle, d'ailleurs. Elle n'était pas très coquette, certes, mais là elle avait atteint un stade particulièrement avancé de "j'suis-moche-et-je-vous-emmerde". Elle avait beau en être sortie indemne, une partie d'elle était restée avec Pâris.

Pâris. Cela faisait des semaines qu'elle ne l'avait pas vu. Elle lui avait rendu visite tous les jours quand il était dans le coma. Mais quand les médecins lui avaient appris qu'il s'était réveillé, elle n'a plus mis un pied à l'hôpital. Ou alors, elle l'observait de loin, sans jamais se présenter. Charly s'était montrée lâche, et c'était rare. Mais elle n'avait jamais trouvé le courage d'aller lui expliquer qui elle était, comment était leur relation, que c'était elle qui se trouvait dans la voiture au moment de l'accident... Elle n'y était pas encore prête. Mais plus les jours passaient, plus la brune se disait qu'elle finirait bien par devoir se manifester. Et que le plus tôt serait le mieux. C'est pourquoi elle avait décidé de se rendre le jour même à l'appartement de Pâris. Ce serait dur, mais elle devait le faire. Il était hors de question qu'elle le laisse tomber. Il s'était réveillé, ce n'était pas le moment de le perdre. La jeune femme se préparait donc. Elle était nerveuse, et ne cessait les allers-retours inutiles. Elle courrait chercher quelque chose, et l'oubliait l'instant d'après. Elle n'avait pas vraiment les idées claires, et elle avait cette boule dans le ventre qui la tailladait de l'intérieur. Décidant d'abandonner toute idée de maquillage ou autre, elle se contenta d'attraper son portable et les clés de son appartement avant de quitter les lieux.

Herman Street était à deux pas de là où elle habitait, elle fit le trajet à pied. Plus elle s'approchait de l'endroit, plus elle était nerveuse. Elle pensa à faire demi-tour, mais chassa immédiatement cette idée de son esprit. Elle était en route, ce n'était pas maintenant qu'elle allait faire machine arrière. La jeune femme pénétra à l'intérieur de l'immeuble, et se dirigea vers les escaliers pour atteindre le dernier étage. L'ascenseur aurait été plus rapide, et moins fatiguant, mais Charly avait besoin de se concentrer sur autre chose que la panique qui commençait à s'emparer d'elle. Quand elle monta enfin la dernière marche, et qu'elle se trouva devant la porte de l'appartement de Pâris, elle s'arrêta. La brunette resta quelques instants à fixer l'endroit, levant la main pour sonner, puis se ravisant. « T'es con, qu'est-ce que tu peux être con ma pauvre fille. Allez Charly, du cran merde ! » dit-elle à haute voix en s'adressant à elle-même. La jeune femme prit une grande inspiration, avant d'appuyer son doigt sur la sonnette. Elle l'entendit retentir à l'intérieur de l'appartement, et entendit aussi les pas de Pâris qui s'approchaient de la porte. Son cœur battait la chamade. Elle y était, et elle n'avait plus moyen de faire marche arrière. Alors qu'elle s'apprêtait à se ronger les ongles, la porte s'ouvrit, et Pâris apparut devant elle. Avoir son ami en face d'elle submergea Charly d'émotions toutes plus étranges les unes que les autres. Elle resta là, bouche-bée, à le fixer pendant quelques secondes. « Pâris ! Salut. » finit-elle par balbutier. Se rendant compte qu'il n'avait aucune idée de son identité, la brunette regarda ses pieds, mal à l'aise. Elle ne savait pas quoi dire. Elle lui adressa un sourire gêné avant de continuer. « Tu ne me reconnais pas, je sais. J'ai l'air bête, tout à coup ! » lança-t-elle pour essayer de détendre l'atmosphère. Elle laissa échapper un rire qui sonnait faux. « Ça me fait plaisir de te voir. » dit-elle soudain, en prenant un air sérieux. « J'suis vraiment bête. J'me suis même pas présentée. Je suis Charly. On était... de très bons amis, avant l'accident. » commença-t-elle. La brunette prenait soin d'employer les bons mots. Elle ne voulait pas tout lui révéler tout de suite, elle aurait préféré pouvoir discuter au calme, et pas sur le palier. « J'peux entrer ? » demanda Charly avec son tact légendaire.
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MessageSujet: Re: lost in translation (pv) Jeu 26 Jan - 19:24

CHARLY&PÂRIS♥



Les heures défilaient à une lenteur harassante. Jamais le temps n'avait paru si long à Pâris depuis qu'il s'était réveillé. En même temps... il n'avait pas la possibilité de se rappeler si une fois dans sa vie le temps lui avait paru long ou non. Dès qu'il essayait de réfléchir aux choses banales sur son enfance, sa vie d'autrefois c'était le trou noir complet. Si attendre que les journées passent, monotones, froides, attendre que ses côtes aillent mieux et qu'au moins un vague souvenir revienne le tuait à petit feu, ne pas se souvenir le détruisait totalement. C'était presque encore pire que les souvenirs qui le rongeaient petit à petit chaque nuit. Le jeune homme essayait pourtant de faire des efforts, de ne plus y penser, mais c'était la seule chose qu'il se souvenait. Le bruit, les cris, une main accrochée à son poignet puis le choc Après ça, les choses sont floues et pourtant les images terrifiantes. Le béton, froid contre sa peau, un cri. Une sirène. Un visage et une voix. "Quelqu'un était avec moi" est la seule conclusion que le jeune homme pouvait faire après de longues heures de réflexion et pourtant personne ne lui avait parlé d'un ami avec lui dans la voiture. Il savait seulement qu'un homme avait perdu la vie par sa faute...

Excédé, par lui-même et par la terre entière, Pâris se redressa dans son lit et se mit sur ses pieds. Hors de question de moisir dans un lit. Ce n'est pas comme ça que les souvenirs allaient revenir. Et puis les docteurs ne voulaient-ils pas qu'il continue à vivre ? Tourner la page serait impossible, ça Pâris en était certain mais, il pourrait faire face non ? Ou du moins essayer... D'un geste, le jeune homme se débarrassa de son pull ainsi que de son pantalon et fila sous la douche. L'eau chaude fut bénéfique, lui fit du bien, l'aida à se détendre et oublier son stress. Ses articulations, chacun de ses muscles se détendirent et le jeune homme ferme les yeux pour profiter. Après une bonne dizaine de minutes et lorsqu'il fut enfin prêt à sortir, Pâris se sécha et enfila un simple pantalon de sport qui traînait au pied de son lit. Après mainte allez retour entre sa chambre et le salon, le jeune homme finit par s'asseoir sur son lit et caressa doucement le petit ventre de son chien qui dormait roulé en boule. Sans l'aide de ses grands-parents, le jeune homme n'aurait jamais su que ce petit chien s'appelait Nicotine. Nom qui avait convaincu une bonne fois pour Pâris. C'était maintenant une certitude, avant il fumait. Enormément même. Un jour alors qu'il fouillait dans les tiroirs d'une commode dans le couloir il était tombé sur plusieurs paquets de cigarette et maintenant encore son corps en avait besoin.

Tout en se passant la main dans les cheveux, Pâris balaya sa chambre du regard. Ses yeux bleus s'arrêtèrent sur une vieille photo accrochée à un miroir. Doucement, le jeune homme s'approcha de quelques pas pour l'observer de plus près. Une femme âgée d'une vingtaine d'année environ tenait dans ses bras un joli petit bébé. Son sourire montrait à quel point elle était heureuse à ce moment-là, combien la vie lui semblait belle. Le jeune homme poussa un soupire. Combien aurait-il donné pour que la vie lui semble belle à l'instant précis ? Combien aurait-il donné pour avoir ne serait-ce que le moindre petit souvenir qui pourrait l'aider à comprendre qu'il était auparavant.

Les récits et les discours de ses proches ne servaient à rien. Tout ça ce n'était qu'une putain de perte de temps et de salive. Toutes les belles paroles et les phrases toutes faites n'aideraient jamais le jeune homme à comprendre qu'il était vraiment. Avec un nouveau soupire, Pâris détourna les yeux et fixa son reflet dans le miroir qui trônait au-dessus de son armoire. Dire qu'il avait bonne mine serait mentir, mais pourtant le jeune homme pouvait voir de nettes améliorations. Son teint n'était plus pâle et les cernes n'étaient presque plus présents même si ses nuits restaient agitée. Seules les cicatrices qu'il avait sur le torse et le bras droit ne disparaîtraient jamais pour son plus grand malheur. Après quelques secondes à se dévisager dans la glace, le jeune homme décida finalement de réagir. Ne s'était-il pas promis de faire comme tous ces gens et de se laisser abattre ?

Avec détermination, Pâris enfila rapidement un t-shirt choisi au hasard dans son armoire, prit la laisse qui traînait sur le sol et l'agitait sous le nez de Nicotine qui se leva d'un bon et se mit à gambader autour de lui. Ce n'est que lorsqu'il entendit la chienne aboyer alors qu'il s'apprêtait à l'attacher que Pâris remarqua que quelqu'un avait sonné. Les sourcils froncés le jeune homme quitta sa chambre et se dirigea vers la porte d'entrée, surpris. Qui pouvait donc venir lui rendre visite à cette heure-ci ? Il n'attendait personne non ? Ni Katniss, ni Callypso et encore moins ses grands-parents. L'appartement était bien trop en désordre... Lorsqu'il ouvrit la porte Nicotine collée à ses baquettes, il tomba nez à nez avec une jeune femme brune qui apparemment parlait seule dans le couloir. Pâris ne put s'empêcher de sourire.

« Pâris ! Salut. » Lança-t-elle légèrement mal à l'aise.

Le dénommé Pâris la fixa des pieds à la tête en se passant la main dans les cheveux. Il ouvrit la bouche pour lui répondre avant de se raviser à la dernière minute. Que pouvait-il lui répondre ? Le jeune homme se contenta de la fixer alors que la brunette lui lança un sourire gêné. A nouveau, le jeune homme ne put s'empêcher de sourire. C'était peut-être le seul avantage à être amnésique, les gens étaient toujours mal à l'aise ce qui amusait beaucoup le jeune homme qui devait se retenir pour ne pas rire.

« Tu ne me reconnais pas, je sais. J'ai l'air bête, tout à coup ! Ça me fait plaisir de te voir. »

Cette fois s'en fut trop. Ne pouvant se retenir plus longtemps le jeune homme rigola de bon cœur avant de remarquer que le gêne avait repris le dessus lorsqu'il plongea ses yeux bleus dans ceux de la jeune femme. Elle avait l'air très sérieuse soudainement, très émue... Pâris se racla la gorge.

- C'est en effet un des risques de l'amnésie murmura-t-il un sourire en coin accroché aux lèvres.

Une nouvelle fois, le jeune homme dévisagea cette femme pour le moins étrange qui se tenait sur le pas de sa porte. Après tout il n'avait pas à être gêné c'est elle qui était venue le voir chez lui non ?

« J'suis vraiment bête. J'me suis même pas présentée. Je suis Charly. On était... de très bons amis, avant l'accident. J'peux entrer ? »

Quelques secondes s'écoulèrent avant que Pâris ne s'écarte pour laisse entrer la dénommée Charly. A peine eut-elle passé le pas de la porte que sa chienne se mise à lui sauter dessus surexcité. Pâris referma doucement la porte et avança de quelques pas.

- J'suis désolé, murmura-t-il en fixant le chien. J'étais sur le point de la sortir ça doit être pour ça. Donc... tu es Charly... encore désolé mais... ton prénom ne me dit rien. Lâcha-t-il de but en blanc en fixant la jeune femme.

Pâris ne préférait pas passer par quatre chemins. En effet ce nom ne lui disait rien, pourtant quelque chose en elle le troublait profondément.

- Pourtant, j'ai l'impression que... Pâris se stoppa net dans sa phrase et se racla la gorge en se passant la main dans les cheveux. Une seconde s'écoula. Mais j'suis con moi aussi ! Tu as soif peut-être ? S'écria-t-il en se dirigeant à grands pas dans la cuisine pour fuir le regard de la brunette.
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MessageSujet: Re: lost in translation (pv) Dim 29 Jan - 23:23


Lost in translation


L'attente devant cette foutue porte était insurmontable pour Charly. Les secondes lui semblaient durer des heures. Elle se tripotait les doigts nerveusement, redoutant le moment fatidique ou son ami lui ouvrirait la porte. Aurait-il changé, depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu ? La reconnaîtrait-il ? La brunette ne se faisait pas trop d'illusions de ce côté là, mais malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de conserver une once d'espoir. Accepterait-il de lui parler ? Peut-être qu'il la jetterait dehors. Elle frissonna à cette idée. Se torturant l'esprit, Charly s'aperçut à peine qu'il avait finalement ouvrir la porte avant de commencer son discours maladroit. Elle qui était d'habitude si sûre d'elle avait perdu toute son assurance. Les mots sortaient de façon gênée, rien n'était spontané. Et par dessus tout, elle ne pouvait s'empêcher de glousser comme une gourde, chose qu'elle détestait faire, ou même entendre. Avant l'accident de Pâris, ils prenaient tous les deux un malin plaisir à se moquer des pimbêches glousseuses, et maintenant, c'était elle qui endossait ce rôle.
Charly osait à peine lever les yeux vers lui, elle avait peur de croiser son regard. Peur de se mettre à pleurer d'un coup. Peur de se rendre compte qu'il ne se souvenait de rien de ce qu'ils avaient vécu, même si elle en avait déjà conscience. Peur de se sentir plus coupable encore, en croisant son regard, et en constatant à quel point il a changé. La brunette se contentait de fixer le sol, levant les yeux de temps à autre sans pour autant le fixer. Son attitude était visiblement pathétique, vu que Pâris ne put s'empêcher d'éclater de rire, ce qui détendit un peu la jeune femme. Elle lâcha un petit rire -sincère cette fois-ci- et croisa finalement le regard de son ami. Il lui avait manqué. Et encore, le mot était bien faible comparé aux sentiments que la brune ressentait. La réplique qu'il lança amusa Charly. Il avait toujours eu le don pour la faire rire, et au moins, il ne semblait pas avoir perdu son sens de l'humour. C'était toujours ça. Elle redoutait aussi de le voir se terrer chez lui, noyé dans l'alcool, ou pire encore.

Il se passa quelques secondes pour que Pâris ne laisse entrer la brune chez elle, malgré le fait qu'il ne semble pas se souvenir d'elle. Secondes durant lesquelles Charly eut encore le temps de se torturer l'esprit. Heureusement, elle fut vite occupée par quelque chose, ou plutôt quelqu'un, d'autre. La petite chienne de son ami, Nicotine, semblait ravie de la voir. La brunette sourit et se baissa pour la caresser. « Coucou toi ! Comment ça va ma grande ? » dit-elle en souriant à l'intention de Nicotine qui ne cessait de sauter partout. La brunette était venue s'occuper d'elle quelque fois, quand les grands-parents de Pâris n'en avait pas le temps. Le sourire de Charly s'effaça à la seconde où son ami lui confirma ce qu'elle redoutait : il ne se souvenait pas d'elle. Sa gorge se serra, elle sentit brusquement les larmes lui monter aux yeux. Elle n'avait qu'une envie : fuir cette endroit, et partir pleurer seule dans son lit. Mais elle ne pouvait pas, elle n'avait d'autre choix que celui de se contrôler. Le regard fixé sur Nicotine, cachant son visage à Pâris, elle ravala ses larmes et se releva, comme si de rien n'était, l'air seulement un peu perturbée. Elle adressa un sourire à son ami qui lui coûta un effort considérable. « Je m'en doutais... C'est un peu pour ça que je suis là, d'ailleurs. » répondit-elle, pensive. « Faudrait pas que t'oublie une amie aussi géniale que moi ! » ajouta-t-elle pour détendre l'atmosphère. C'était malheureusement peu efficace. La jeune femme se remit à tripoter ses doigts nerveusement en attendant une quelconque réaction de la part de Pâris. Alors voilà, c'était ici que tout s'arrêtait ? Il ne se souvenait de rien de ce qu'ils avaient vécu, et n'aimait donc plus Charly ? Il ne l'aimerait sans doute plus jamais. Il fallait être vraiment fou pour pouvoir éprouver de tels sentiments pour une telle fille. L'esprit de la brune était en mode "parano", ce qui devenait de plus en plus fréquent ces derniers temps. "Pourtant, j'ai l'impression que..." ou la phrase à ne pas dire dans ces moments là. Celle qui soulève un mystère considérable, et qui sème le doute. Une lueur d'espoir pétilla dans les yeux de Charly, mais s'éteignit bien rapidement. Malgré tout ce qu'il s'était passé, la brune connaissait encore son ami, et savait décoder ces expressions. Pâris était mal à l'aise, elle n'insista pas. A la place de ça, elle se contenta de répondre à son invitation. « Je ne serais pas contre un verre de coca ! » dit-elle en haussant le ton pour qu'il l'entende de la cuisine. Elle sentit alors quelque chose qui lui poussait les jambes. Nicotine. Elle se souvint alors qu'il devait la sortir. Peut-être qu'elle était venue au mauvais moment. « Mais si tu devais sortir Nicotine, on peut y aller tous les deux ! Ou alors je peux repasser te voir plus tard. Ou pas, d'ailleurs, si tu n'en as pas envie. » lâcha-t-elle maladroitement. Elle leva les yeux au ciel, accablé par sa propre incapacité à se contrôler. Ce n'était pas comme ça qu'elle allait s'en sortir. Charly se laissa tomber sur le canapé, attendant une réponse de Pâris. Elle n'était pas gênée de s'installer, elle se sentait un peu ici comme chez elle. Elle n'avait pas l'habitude de faire des manières, même si elle n'avait pas vraiment pensé à la réaction que pourrait avoir son ami. A peine eut-elle le temps de s'asseoir que Nicotine lui bondit sur les jambes à la recherche de caresses. Charly sourit. Il y en avait au moins une qui se souvenait d'elle.
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